Tout sur le cheval, le poney et l'equitation
lesaboteur.com
equitation


actualite cheval
21/05/2012 Quatrième édition du Jumping de Béchereau
17/05/2012 Résultats du CSO Poney du Val d'Oise
15/05/2012 Valérie Salles brille à Mannheim !

STRETCH : Entretien avec Charles de Meaux

p Stretch
p Stretch JEUX CONCOURS
p Stretch bande annonce
p Stretch extrait 1
p Stretch extrait 2
p Stretch extrait 3
p Synopsis stretch
p Entretien avec Charles de Meaux
p Nicolas cazalé / Christophe
p Fan Bing Bing / Pansy
p David Carradine / Monteiro
p Nicolas Duvauchelle / Thierry
p Charles de Meaux : Cinéaste et producteur
p Douglas Coupland : Co-Scénariste
p Devendra Banhart : Musique
p Fiche artistique
p Fiche technique



Je voulais raconter l’histoire d’un destin, et c’est donc un thème classique au cinéma. Le titre contient toute cette proposition :
le «stretch», dans les courses de chevaux, c’est la ligne d’arrivée, qui s’étend au fur et à mesure qu’on est dedans. Elle s’étire, devient de plus en plus longue, paraît interminable, quand bien même elle mène à un point final. C’est aussi la métaphore de la distorsion de l’identité de ce personnage.
Le départ, c’est un jeune jockey sur le point de réussir dans une vie très organisée, à Maisons-Laffitte. Et l’arrivée, c’est jouer sa vie, son destin, en Asie dans le Macao interlope des casinos, après avoir parcouru toute la distance qui sépare ces deux points.

stretch

L’univers des jockeys est un milieu qui a très peu été traité par le cinéma français…
Je suis monté en course et j’ai connu toutes les difficultés de ce milieu. Contraindre son corps, supporter quotidiennement la pression, je sais ce que c’est, et il y a donc certainement une part d’autobiographie, ça a été ma vie tous les matins pendant des années.

Mais ce n’est surtout pas un film sur l’anecdote de ma petite vie de jockey. Ce qui me plaisait dans le milieu des courses (en dehors du fait qu’un cheval, c’est très beau et une course, c’est très cinématographique), c’est qu’il y a plusieurs strates de récit possibles.

La première strate, c’est évidemment cet univers complexe et riche de fantasmes. Il suffit de dire «courses de chevaux» pour imaginer toutes sortes de choses proches du film policier, une exploration des soubassements de la société. L’autre aspect qui me touche beaucoup, c’est le sport. C’est un sport «humble». On peut être le meilleur jockey du monde, à l’arrivée c’est le cheval qui gagne la course. Ce qui m’intéresse dans ce sport, c’est qu’il n’y a pas de faux semblants, on ne peut pas se cacher derrière un discours.

Il y a cette immédiateté : on gagne ou on ne gagne pas, on est sur le cheval ou pas. Il y a un rapport immédiat aux choses. C’est ce qui m’avait frappé quand j’avais rencontré des jockeys (comme Christophe Soumillon, Éric Saint-Martin ou Cédric Segeon qui joue dans lefilm) qui avaient décidé de tenter l’aventure en Asie. Ils ne parlent pas un mot d’anglais au départ, ils ne sont jamais sortis de chez eux, ont toujours été bordés par l’entraîneur et, tout à coup, ils sont précipités à Macao, Hong Kong, Singapour, et s’en sortent avec une espèce d’innocence et d’énergie très fortes.

L’ami, incarné par Nicolas Duvauchelle, dit de l’histoire de Christophe que c’est juste celle d’un «gamin qui voulait être
une star». C’est une définition du personnage qui convient, et suffit ?

Oui, c’est juste l’histoire d’un jeune homme qui veut en découdre, arriver. Il est ambitieux, avec peut-être la naïveté qui va avec, mais ce n’est pas un benêt non plus. Pris dans la nasse du mauvais sort, il se retrouve d’un coup éjecté dans un monde étrange, trop grand, pervers. Au début du film, on est complètement avec lui, dans la maîtrise de certains codes. Arrivé à Macao, le récit devient plus proche des hésitations et de la solitude du personnage, pour découvrir avec lui ce sentiment angoissant d’être manipulé.

stretch

Puisqu’on en est à parler de codes et de distorsion, cela vaut également pour l’appréhension de la mafia asiatique
du jeu. On est loin de la vision des cinéastes de Hong Kong, par exemple.

Le sujet même de ces cinéastes, c’est de mettre en scène, en chorégraphie, la violence. Or à Macao, on ne voit pas des gens courir dans la rue et tirer au pistolet toute la journée.

Ce qui m’intéressait, c’est cette violence qu’on ne voit jamais, qui est diffuse, oppressante… perverse. Restent juste les traces d’un film policier, les traces de ces actions violentes.


stretch


À quel point était-il compliqué de filmer dans les hippodromes ?
Il existe dans le milieu des courses une peur de ce que tout cet univers génère de fiction. On ne laisse donc que très rarement une caméra rentrer sur un hippodrome, voire même jamais. En travaillant de façon très immergée dans le milieu, on a obtenu de filmer à Longchamp de vraies courses, ce qui reste assez exceptionnel.
Les acteurs étaient au milieu du rond de présentation avec les jockeys, entourés par les parieurs.

Pour Macao, ça a été un travail de longue haleine. Cela fait presque huit ans que je vais à Macao, au moins un mois par an. Je connais beaucoup de monde là-bas… Même nos producteurs chinois de Hong Kong pensaient que je n’arriverais pas à tourner en dehors des trois endroits touristiques et a fortiori au Macau Jockey Club.

Cet hippodrome est bien entendu tenu par les gens qui ont la main sur le monde du jeu, et c’est tout sauf un endroit rassurant.

Le film est structuré en deux parties. De la France à Macao, les modes de tournage étaient-ils très différents ?
La structure ici, c’est un peu comme si on rencontrait quelqu’un et qu’on imaginait tout son potentiel. Ou alors comme être devant
la télévision à deux heures du matin. On regarde un documentaire sur des jockeys et on finit par se fixer sur un jockey en particulier,
imaginer sa vie, ses problèmes, sa façon d’être.

En France, je tourne chez moi, avec mes réflexes, au milieu de gens et de choses que je connais. À Macao, au contraire, il y a ce
désir de trouver la bonne distance et de la respecter, de ne pas sur-jouer une empathie qui n’existerait pas.
Tout le film repose sur la question de la distance. Comment appréhender un endroit qui n’est pas le sien, comment se débattre
dans les filets d’un monde où les règles ne sont pas les mêmes que celles qu’on imagine, comment se débattre aussi dans la relation amoureuse à la fois distante et passionnée avec le personnage féminin. La façon de filmer, la mise en scène suivent alors le récit.
Je suis confronté, voire collé, à cela, les mêmes interrogations, les mêmes problèmes de rapport.



TOUS DROITS RESERVES - REPRODUCTION STRICTEMENT INTERDITE

Lesaboteur

Retour à l'accueil





Inscrivez-vous à la newsletter :


service Lesaboteur
g
petites annonces
lg ld
t
petites annonces
lg ld
t
service
lg Création de site internet, e-commerce, réservation d'espace publicitaire ... ld
tb
petites annonces
lg Découvrez de nombreux livres et DVD. ld
t
contacts
lg Un soucis technique, une information, un devis, prenez contact... ld
t
d
service

© Saboteur.com 2001-2012 - Mentions légales & crédit photo - Tous droits de reproduction réservés. Les ressources de ce site sont couvertes par le droit de la propriété intellectuelle.