DOSSIER : SAUVEGARDE DES CHEVAUX DE PRZEWALSKY 
L'ASSOCIATION TAKH REND LA LIBERTE AUX CHEVAUX DE PRZEWALSKI 

Le
cheval de Przewalski est le dernier cheval sauvage du monde -
Ph. Nathalie
van der Schoor
Emblème mythique des grottes
de Lascaux, le cheval de Przewalski a parcouru les siècles et représente
de nos jours le dernier véritable cheval sauvage au monde. Ce cheval hors
du commun a conservé certaines caractéristiques qui le distinguent
de son cousin, le cheval domestique. Sa robe primitive présente une crinière
à la brosse avec un toupet presqu'inexistant, une raide mulet lui parcourant
le dos et des zébrures aux jambes. Ce cheval au tempérament farouche
possède un corps trapu ne dépassant pas 1,35 m et une tête
de taille massive. Autre point important qu'il le différencie du cheval,
il détient une paire de chrosomes de plus que ce dernier.

Il
n'a jamais pu être domestiqué par l'homme - Ph. Nathalie van der
Schoor
Le cheval de Przewalski n'est pas comparable
aux chevaux du désert de Namibie ou aux Mustangs américains qui
sont redevenus sauvages après avoir subi une période de domestication.
En effet, le Przewalski a toujours refusé d'être domestiqué
par l'homme et n'a jamais connu une sélection autre que naturelle.

Le
Przewalski détient une paire de chromosomes de plus que le cheval domestique
- Ph. Nathalie van der Schoor
Les chevaux de Przewalski
ont été découverts en 1860 par le Colonel Nicolai Przewalski
qui plus tard donnera son nom à ces chevaux. Sans le savoir, il captura
l'un des derniers troupeaux de chevaux sauvages de l'histoire. Ces onze chevaux
furent envoyés dans différents zoos d'Europe. L'année 1969
marquera la dernière fois où des chevaux de Przewalski purent être
observés en liberté. N'existant plus qu'en captivité et en
quantité de plus en plus réduite, le sort de ce cheval devenait
très critique. En l'an 2000, on ne recensait plus qu'environ 1500 individus.
La sélection naturelle ne pouvait plus s'opérer et l'on commençait
à faire face à un problème de consanguinité.

Menacé
d'extinction, il va bientôt redécouvrir les joies de sa liberté
enfin retrouvée - Ph. Nathalie van der Schoor
L'existence
des chevaux de Przewalski était donc fortement menacée. Vu l'importance
historique de ce cheval, il méritait que l'on s'attarde sur son sort et
qu'après tant d'années en captivité, sa liberté lui
soit enfin rendue. Un bien beau projet qui voit progressivement le jour grâce
à l'association Takh. Créée en 1990, cette association, qui
porte bien son nom, Takh signifiant "cheval sauvage" en mongol, a pour
objectif de reconstituer une population naturelle à partir de chevaux de
Przewalski jusqu'alors enfermés dans des zoos et d'en implanter une partie
en leur redonnant leur liberté dans leur pays d'origine, la Mongolie. Ils
seront réintroduits dans la région des grands lacs appelée
Khomiin-Tal figurant à l'ouest du pays et à proximité du
Parc National de Khar Us Nuur.

Le
plateau du Causse-Méjean détient des conditions climatiques naturelles
proches de la Mongolie - Ph. Nathalie van der Schoor
En
parallèle, le projet de l'association TAKH vise la conservation du milieu
caussenard qui détient une flore et une faune d'une importance nationale
et même européenne. L'expérience démontre que le paturage
de chevaux de przewalski a un impact bienfaiteur sur cette terre habituellement
peuplée d'ovins. La présence des chevaux a permis de rétablir
un équilibre, de lutter contre la prolifération des buissons et
a favorisé l'apparition d'espèces animales telles que les Bergeronnettes
grises et printanières, les sauterelles et les criquets.

L'élevage
du Villaret a débuté il y a une dizaine d'années avec l'arrivée
de 11 chevaux de Przewalski - Ph. Nathalie van
der Schoor
Ces chevaux se trouvent pour le moment
en France, au Villaret, sur le plateau du Causse Méjean. Ce terrain accueille
actuellement une population d'environ 50 individus. Le Causse Méjean constitue
la région idéale pour réhabituer ces chevaux au type de vie
qu'ils auront lorsqu'ils seront réintroduits en Mongolie. La région
détient effectivement des conditions climatiques et naturelles similaires
à ce pays. Cette phase d'acclimatation est nécessaire afin que ces
chevaux retrouvent leur comportement et leur rythme de vie sauvage et puissent
s'habituer au rude climat qui les attend dans leur futur pays.

Souhaitons
leur le bonheur qu'ils méritent lorsqu'ils fouleront dans quelques
mois
leurs premiers pas vers la liberté - Ph. Nathalie van der Schoor
Entre
1993 et 1994, onze chevaux de Przewalski arrivaient au Villaret provenant tous
de zoos allemands, anglais et français. Ils ont été sélectionnés
soigneusement afin d'éviter les risques de consanguinité. Depuis,
10 années sont passées, le troupeau s'est développé
avec l'arrivée de nombreuses naissances de poulains qui eux n'auront jamais
connu la captivité. Ce projet, qui tient tant à coeur à l'association
Takh, prendra tout son sens lors de la réimplantation des premiers chevaux
de l'élevage du Villaret en Mongolie. Ce moment très attendu est
prévue pour l'été 2004. Espérant que ce type d'action
permettra de sensibiliser le public face au sauvetage de diférentes espèces
qu'elles soient végétales ou animales.
Article
& Photos de Nathalie van der Schoor
RENSEIGNEMENTS :
ASSOCIATION TAKH
Station
biologique de la Tour du Valat
Le Sambuc
13200
ARLES
Tél : 0490 97 23 13
Fax : 0490 97 20 19
www.tourduvalat.org/news_174.htm
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